Merdeka, The Lonesome Club

靜物 Still Life









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Kill malaysia peaceful assembly bill 2012.
Stop fooling the people. We want democracy.
(in pursuit of her dreams) my veiled muse forgets to kiss me goodbye

WELCOME TO MERDEKA, THE LONESOME CLUB. MINSTREL KUIK IS A PHOTOGRAPHER WHO CURRENTLY BASED IN kuala lumpur. you can contact her at

minstrelkuik@gmail.com

Works

  • Mer.rily Mer.rily Mer.rily Mer.rily 2008-Now
  • The March
  • exhibitions
  • Choses Légères - The Lightest Things 2004-2005
  • Columbus Day 2005-2006
  • Kuala Lumpur Kuala Lumpur 2007-2009
  • Maintenant 2009-2010
  • RROSE - A Story of Two Worlds 2005-2009
  • Schtroumfraphy 2006-2009
  • The Weaver 2011
  • gold changed everything 2011
  • rrose-mother says 2006
  • writing

the photographer's number plate

the photographer's number plate

Chinese Malaysian Minstrel Kuik was born in Pantai Remis, Malaysia in 1976. Due to the racial quota that restricts national university access to native Malaysians, her country ‘exported’ her to Taiwan, like many other Chinese students. After her bachelor’s degree in painting, she emigrated to France, where she had to complete another course in order to enrol at the Arles School of Photography (ENP) from which she would graduate in 2006 with a European Masters degree. Driven by a desire to understand, deconstruct and reinvent the notions of the family home, cultural identity and photographic expression, Kuik bases her work on snapshots she takes of her family, her hometown and the area she lives in. Apart from Malaysia, she has exhibited in Indonesia, Europe and the United States. Although Southeast Asia is located at a cultural crossroads, photographers native to this part of the world have seldom focused on its hybrid nature or integrated it into their personal experiences.

This makes Kuik an exception, even though she has spent twelve years abroad. “In Malaysia, we don’t speak so much about culture. Food is at the heart of our concerns. It has become a kind of cultural landmark to me. My mother handed down many things, including her style of cooking and a taste for fish. I eat everything, wherever I go. I have a mixed culture.”

Kuik’s diversity is also manifest in the fact she feels no particular affinity with any photographic tradition. With Mer.rily, Mer.rily, Mer.rily, Mer.rily, a series begun upon her return to Malaysia in late 2006, she incorporates various approaches and attaches great importance to editing her images through an organic, thoughtful process. At times diary-like, at other times more deliberately composed, her images are all packed with references. Raw fish and tropical fruit are photographed as ‘found’ installations and reveal links between sculpture and photography. Kuik’s arm, outstretched on top of a row of mandarins – a symbol of Chinese culture – evokes the recurring notion of Chinese Malaysians separated from their roots. The alienation Kuik has experienced in regard to her roots is reflected in the alienation brought about by a constant exploration of her obsessions through photography, as she distances herself from the standard expectations regarding her position as a woman, teacher and artist.

Gilles Massot, Wubin Zhuang, curators

Text from the catalogue-book “Photoquai”, co-edited by Musée du Quai Branly- Actes-Sud









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      • Choses Légères - The Lightest Things, 2004-2005
      • Schtroumfraphy, 2006-2009

hic et nunc, tableaux n°3

il est 14 :29, ou bien c’est maintenant. Il est 14 :30, ou bien c’est maintenant. Il est 14 :31, ou bien c’est maintenant. Le duo pourrait s’étendre à l’infini. Tiens, il est déjà 14 :33 ; deux minutes m’ont échappé pendant que j’étais en train de philosopher sur une phrase. Je lis ce que j’écris. Je relis le texte encore. Je me rappelle comment un ami à toi t’avais appris à faire la photographie en noir et blanc sans l’aide d’un posemètre. Tu comptais un éléphant, deux éléphants, trois éléphants dans le noir, en compagnie d’une image latente. Je relis le texte. Il est 14 :39, ou bien c’est maintenant. Mon frère est entré dans la pièce. Il me demande si je suis en train d’écrire une lettre. Je dis non. En effet, c’est oui. A qui je pourrais m’adresser ces mots, si ce n’est pas justement à un autre moi, c’est à dire à toi ? Bien sûr, il s’agit d’un dialogue qui vient habiter un espace-temps. Je lis mes mots. Tu les liras après moi. Mon frère est entré dans la pièce une deuxième fois. Je n’ai pas noté qu’il était sorti de la chambre tout à l’heure. Il cherche une nouvelle serrure pour remplacer celle qui ne fonctionne plus sur la porte de ma chambre. Je ne suis pas dans ma chambre. Il est 14 :48, ou bien c’est maintenant. Je me trouve dans une pièce à côté de la mienne, un espace… Je cherche le mot, un espace comme le bureau, voilà. Je fais une pause de deux secondes ; je reprendrai l’histoire des éléphants. Il faut que je relise le texte, sinon je perds le fil de ma pensée. Accordes-moi quelques instants. Je reviendrai tout de suite. Me voilà. Tu comptes un éléphant, deux éléphants. à l’instant même, j’ai une question sur des accords entre le nombre de l’éléphant et la forme pluriel de l’éléphant. Est-ce que j’écris un éléphant, deux éléphants, trois éléphants, ou bien c’est un éléphant, deux éléphant, trois éléphant, ainsi suite ? Est-ce que l’éléphant doit suivre le changement de nombre, ou le nombre et l’éléphant ne marchent pas sur le même temps ? Est-ce que tu me comprends, toi, le compteur des éléphants, ou bien le compteur du temps ? Il est 15 :02, ou bien c’est maintenant. Je lis ce que j’écris. Je suis de nouveau disponible à moi-même. Je réfléchis à ce que je veux dire : même avec le posemètre qui ne pourrait pas se tromper, je comptais moi même un autre temps dans le noire total, juste pour dépasser le temps indiqué par le premier. Souvent, je me suis trompée sur le temps de pose, trop ou pas assez. Pourtant, je continuais la même habitude de m’accorder une ou deux secondes de plus en rallumant la machine. Est-ce que le temps s’avance toujours à la même vitesse ou parfois il s’attarde sur la route à cause d’une distraction ? Une panne technique ? Une crise de nerfs ? Est-ce que le temps se dilate dans le temps ? Je ne sais plus où j’en suis. Bon, c’est le moment de me rappeler qu’il est 15 :12, ou bien c’est maintenant. Cette image latente arrive enfin dans le monde. Elle manque peut-être un peu de précision à cause d’un désaccord entre la réalisation du mouvement et le temps de la prise de vue. Enfin, les deux temps se rattrapent en une seule surface ou plus exactement, ces deux temps rencontrent un obstacle qui leur est insurmontable ; et ils se sont plantés là, juste Là, sans pouvoir avancer même un demi pas de plus. Je relis le texte ; j’essaie de trouver le bon endroit pour insérer une phrase ; je veux imposer mon temps au texte ; je me promène avec le curseur qui porte une phrase sur la page ; je m’arrête ; c’est là où je pose la phrase : la mise à mort du temps donne la naissance à l’image. il est 15 :41, ou bien c’est maintenant. Je me rappelle comment maman avait du mal à manipuler la souris de l’ordinateur. Je lui ai pourtant bien expliqué le lien entre la souris et le curseur sur l’écran. Maman ne comprend pas que l’on pourrait lier trois espace-temps en glissant simplement la souris : le temps qu’elle pose sa main sur la souris ; le temps où le curseur s’affiche sur l’écran qui se trouve juste en face d’elle ; le temps pour sa fille à Seattle de lui faire coucou dans la fenêtre de Skype ; maman est perdu dans le temps ; il lui faut donc, plus que n’importe quelle circonstance dans la vie, un rappel du présent. Il est 16 :12, ou bien c’est maintenant. (Entre parenthèse, j’ai quitté mon ordinateur pour aller goûter quelques morceaux de pastèques dans la salle à manger) Je relis le texte ; je suis redevenue sensible au bruit du chantier ; j’attends qu’il pleuve à Kuala Lumpur ; quelqu’un tape sur une barre métallique, le ventilateur tourne derrière mon dos ; dans la cuisine, Suer prépare le dîner pour ce soir ; il y a un bruit permanent qui vient du chantier jusqu’à moi ; j’écoute attentivement en essayant de faire la distinction entre chaque son; Suer est en train de laver du riz ; j’entends qu’elle verse un verre de riz dans la casserole ; Hao Ming pousse la chaise ; elle parle, sans doute avec son papa dans la salle de séjour ; elle appelle sa poupée ; Une foudre frappe quelque part dans la ville ; Hao Ming crie ; je ne participe pas au bruit sonore, sauf lorsque je frappe sur mon clavier ; au chantier, un travailleur a posé brusquement un objet lourd contre le sol ; je me gratte les cheveux ; Suer coupe quelque chose sur la planche…Même si j’arrête de citer ces bruits qui parasitent l’espace actuel où je me trouve, tu sais bien qu’ils continuent à sonner, à se frotter, à se superposer l’un sur l’autre, à se succéder l’un après l’autre. De même qu’il est impossible d’arrêter le temps lorsqu’il est vivant et dynamique, comme un jeune homme comme toi, en train de compter un éléphant, deux éléphant, trois éléphant dans la cuisine de l’appartement de ton ami à Toulouse. Tu attends impatiemment l’arrivée de cette image floue dans le noir. Tu as sûrement triché un peu sur le temps, un éléphant, trois éléphant, cinq éléphant, avec toujours le même éléphant qui repasse au même endroit en plusieurs variantes de marche. Tu sais bien que ta vie, un jour, se résumera en quelques phrases ou quelques photos. Ce jour-là, tu as gagné sur le temps. Il est 16 :48, ou bien c’est maintenant. Suer a avancé l’heure du dîner. Je vais m’arrêter là pour aller manger ; avant de m’en aller, je vais imposer une fin à ce temps. Il est 16 :51, ou bien c’est maintenant.
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